Année : 2020 Support : Papier Vélin d'Arches 270gr/m2
Technique : Sérigraphie Éditeur : Les Éditions Anagraphis Sérigraphe : Louis Angles Passages Couleurs : 7 Orientation : Verticale Dimension : 60 x 80 cm
Tirage : 50
Signée : oui Numérotée : oui

Cette sérigraphie est le fruit d’une collaboration établie depuis plusieurs années entre le photographe Balint Pörneczi et l’artiste Steph Cop. 

Elle est le reflet de l’œil du photographe sur le travail du sculpteur.

Steph.Cop est un artiste français né en 1968. A la fin des années 80, Steph COP fera partie de la première vague du mouvement Graffiti Français, Activiste au sein du groupe "Control of Paris". Ils se font remarquer entre autre en recouvrant les palissades de la Pyramide du Louvre lors de sa construction en 1986, et s'impose comme l'un des artistes du mouvement graffiti. En 1992, Il participe à la création d'une nouvelle tendance, plus tard définie comme le streetwear, à travers ses marques « Homecore » et « Lady Soul ». En 1998, Steph passe à la représentation physique d'un monde graphique en créant l'un des premiers « Art Toy » avec son personnage Aro. qui se vend de par le monde.

Aro, qui signifie « Analyse Réflexe Obsessionnelle », se matérialise depuis plus de 10 ans dans des arbres centenaires tombés au cœur de leur environnement naturel, le Parc du Morvan. Cette matière première exigeante nécessite d'être domptée en puissance et en douceur. « Un apprentissage seul et à l'instinct, au milieu des forêts. À force de manipulation, tu fais tes gammes, tu traces, tu coupes, un travail de forçat au paradis, le silence du bruit de la machine au milieu des arbres centenaires ». Chaque pièce prend le temps de se dessiner dans une lente maturation. Une création naturelle qui a presque quelque chose de sacrée, où la main de l'homme n'a fait que suivre les lignes marquées par le temps. Bucheron délicat malgré l'outil peu discret, le rendu est déchirant de sensibilité. Toutes les pièces sont chargées des émotions de son créateur.

 

Les obsessions de l'artiste l'ont conduit à créer des œuvres toujours plus monumentales. En 2012, un chêne géant de 600 ans a été remis sur pieds pour devenir le Aro 5.0, une sculpture de cinq mètres de haut et de sept tonnes, aujourd'hui intégrée à une collection privée. Exposé dans de nombreuses galeries à travers le monde et présent parmi de prestigieuses collections, Aro symbolise les émotions de son créateur.

Source Artsper

Bálint Pörneczi est né en 1978 à Budapest, a grandi entre la Hongrie et l'Algérie où l'a mené le travail de son père, celui qui lui a transmis l'intérêt pour la photographie. Depuis l'enfance, en autodidacte passionné, Bálint Pörneczi compose sa vision du monde par des séries de fragments de vie que son œil capte derrière l'objectif. Des années qui ont forgé un regard intense, saisissant à la vitesse de la lumière les détails d'un visage, les éléments d'un paysage, les mouvements d'une scène : le visible et l'invisible. La photographie sera au centre de sa vie, c'est une évidence. Jeune adulte de retour en Hongrie, Bálint Pörneczi devient l'assistant du photographe Laszlo Lugosi, à l'époque où l'argentique et la chambre imposent un tempo lent de l'œil à l'image révélée. Mais c'est le rythme chaotique et imprévisible du monde qui intéressent Bálint Pörneczi, qui s'oriente vers le photojournalisme et travaille pour les plus grandes agences de presse. Sa démarche est celle d'un documentariste qui de rencontres en rencontres, sans a priori ni préjugés, éclaire d'une lumière singulière les situations les plus sombres. C'est en saisissant le regard humain, le visage de l'autre, qu'il tisse à travers ses photos le récit d'événements sensibles, dans leur complexité et leurs paradoxes. En Europe centrale essentiellement, mais aussi ailleurs dans le monde au fil des événements, il se glisse, invisible, dans la scène d'un monde où l'humain se confronte à l'inhumain.

 

Installé dans l'Aveyron depuis 2011, Bálint Pörneczi développe aujourd'hui des projets plus personnels et artistiques, en conservant cette position de reporter aux aguets, à l'œil vif et intuitif, pour saisir la spontanéité de l'être et du mouvement. Aussi furtif soit son geste de photographier, il ne se fait pas sans rencontre. Il parvient toujours, fut-ce dans la fulgurance de l'instant, à créer un espace intimiste et un lien de confiance avec son sujet. La série de portraits Figurak pour laquelle il a remporté le prix zoom de la presse du salon de la photographie de Paris en 2015, et qui a fait l'objet de plusieurs expositions, a été réalisée avec un simple iPhone, pour capter sans posture ni artifices des hommes et femmes dans toute leur densité. La photo est composée dans la rencontre mais elle n'est jamais "recadrée", elle est cet instantané qui révèle l'histoire d'un monde, le récit d'une vie, la part d'ombre et de lumière. Le visage, cette "peau à rides" ainsi qualifiée par le philosophe Levinas, d'où surgit l'altérité, apparaît en contrepoint du regard bienveillant de Bálint Pörneczi, pour qui l'acte de photographier est toujours une histoire avec l'autre, aussi intense que brève. Devant son objectif, tous égaux : un nom, un métier ou une occupation pour seule légende, stars ou inconnus, héros du quotidien ou politiques sans maquillage figurent dans une collection qui livre un propos humaniste sur le monde. Entre ombre et lumière, ce sont plusieurs centaines portraits qui dessinent les figures de l'altérité. Deux artistes sont des références précieuses pour ces séries de portraits de Bálint Pörneczi. Un auteur hongrois du début du XXeme, Dezsö Kosztolanyi, et son recueil intitulé Alakok, que l'on pourrait traduire par "figures", au sens de portraits esquissés d'hommes et de femmes, distingués selon leur métier, que l'écrivain rencontre et décrit en quelques paragraphes. L'ouvrage comportait des illustrations gravures de Molnar C. Pál, et Bálint Pörneczi a imaginé qu'il serait intéressant d'actualiser cette série pour prendre la mesure de la transformation de la société. En exposant Figurak, il réalise une évidente filiation contemporaine - les photos remplacent les gravures - avec cette manière de donner à voir une "figure" qui concentre le récit d'une vie. Une lecture qui a, pour Bálint Põrneczi, œuvré de façon souterraine et déterminante dans son travail de photographe. De même, le photographe allemand August Sander est un repère auquel Bálint Pörneczi rend hommage. Entre les deux guerres mondiales, August Sander a amorcé un travail méthodique de portraitiste de la société allemande intitulé "Les Hommes du XXeme siècle", accumulation de portraits classés par métiers, dessinant une cartographie sociale exhaustive. Œuvre en partie détruite par les nazis, poursuivie inlassablement par la suite, jusqu'à sa mort en 1964. Lors d'une conférence en 1931 consacrée à la première partie de son travail, August Sander citait un poème "Dans chaque visage d'homme, son histoire est écrite de la façon la plus claire. L'un sait la lire, l'autre non'". Bálint Pörneczi inscrit son travail dans cette filiation.

De ces fragments du quotidien ainsi naissent des "séries", comme des collections, quand Bálint Pörneczi réalise que la matière accumulée commence à tisser une histoire, ou qu'une question revient, insiste. L'artiste a besoin d'introduire le temps long, la durée, comme un contrechamp à l'instantané de l'image. Un nouveau thème semble prendre consistance : au fil des pérégrinations sur les routes, les panneaux publicitaires anciens qui subsistent de manière incongrue dans l'espace public contemporain saturé d'incitations à la consommation sont devenus un sujet récurrent, amorce d'une nouvelle collection. De ces anachronismes saisis sur le vif émane un questionnement sur ce rapport aux objets qui prend le pas sur le rapport aux autres, la transaction qui évince la rencontre.

 

La route est un espace-temps essentiel pour l'artiste. En voiture, en musique, seul, dans la cinétique des paysages qui défilent, l'esprit est disponible à la survenue des idées ; les projets artistiques prennent forme dans ce déplacement.

Les images de Bálint Pörneczi ne sont jamais démonstratives. Le photographe se garde bien des certitudes et des raisons closes. Ses photographies ouvrent des questionnements, élargissent le regard, explorent les troubles de l'âme et les peines de vivre, rendent grâce aux doutes et aux mystères, honorent l'altérité, accueillent la part de sublime de l'autre d'où qu'il vienne. L'œil instinctuel de Bálint Pörneczi n'a pas vocation à expliquer mais à com-prendre, au sens étymologique de "prendre avec". Les éclats de réel suspendus dans les photographies de Bálint Pörneczi sont matière à penser, des instants qui en disent long. En collectionnant ces fragments d'humanité, peut-être cherche-t'il à les faire vivre ensemble.

Instagram : @steph_cop @balintporneczi 

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